Récits de voyage/ Le Finlando-Russe, le savon et moi.

On raconte que le Sauna serait à la base, finlandais. On décide d’aller dans le plus vieux Sauna public de Finlande. Donc j’en déduis que ce-dernier doit faire partie  des plus vieux saunas du monde, si ce n’est le plus ancien.

On se pointe au tout petit guichet, on paye, on nous indique les vestiaires.

On se déshabille de façon langoureuse. En vrai, on se déshabille de façon normale. On met nos petites serviettes autour de nos tailles, comme dans les films. Et on rentre dans le sauna.

On a déjà fait des saunas, mais la chaleur de celui-ci…  J’ai l’impression de bronzer immédiatement. J’ai du mal à ouvrir les yeux comme s’ils bronzaient également.

Tout est en pierre, en bois, je n’en sais rien, je ne vois rien, sauf des formes. Je distingue une salle en face de nous avec des petits bancs, un bassin et des bols. J’imagine que c’est l’endroit où on se mouille. Il n’y a personne. On ne se mouille pas.

On entend des voix en haut d’un escalier, ce n’est ni notre langue maternelle, ni une langue qu’on ne parle. On monte l’escalier avec nos petites serviettes tels des chippendales arrivant sur scène, sauf que le public n’est pas le même. Assis, sur d’autres bancs en pierre, une poignée d’hommes, virils, à poils, dans tous les sens du terme, c’est à dire ? C’est-à-dire nus avec des poils, mais aussi avec des mines patibulaires. Ils discutent ensemble.

Je me souviens :

-d’une sorte de Viking, bien plus gras que Ragnar, genre 2 Ragnar.

-Une sorte de russe, genre un russe de film, qui s’occupe de frapper les gens et qui ne ressent pas la douleur.

-Une sorte de finlandais assez fin, la cinquantaine, qui ressemblerait à un méchant Irlandais ivre mélangé à John Malkovich.

-Un autre type grand, poilu, genre T-shirt naturel, tatoué.

-Je ne me souviens pas trop du reste, ou alors mon cerveau essaye d’effacer ça de mes souvenirs.

On les salue. Même mes tympans sont engourdis par la chaleur, mais je suis a peu près sûr qu’ils ne nous rendent pas notre salut. Ils ne nous regardent pas. On va pour s’asseoir.

L’irlandais se retourne vers nous et de façon assez sèche, désigne nos serviettes. Il nous fait comprendre qu’ici, on doit être nu.

On part, on revient habillé en quéquette, on s’assied.

L’un des lascars nous regarde, l’irlandais méchant. Il nous parle, probablement en Finlandais et nous ne le comprenons pas. Il doit nous expliquer quelque chose d’important, puisque son explication est longue et il ne nous laisse pas lui dire que nous ne le comprenons pas.

Il s’en rend compte. Il change de langue. Il parle anglais, enfin… Ca y ressemble. Nous comprenons 4% de ce qu’il dit. Nous acquiesçons tout, en souriant poliment.  Il commence à être irrité, nous acquiesçons encore alors qu’il semble nous insulter.

Pendant ce temps, le grand maigre, en moquette et tatoué, se lève, et décide qu’il ne fait pas assez chaud puisqu’il va remettre de l’eau sur les pierres. Il est con ou il n’a plus de sensations ? Ou c’est moi.

Je suis à la limite du malaise, mon acolyte a le haut de l’oreille qui commence a brûler, mais en vrai.

Là, tous les mecs suintant se lèvent, et commencent à danser. Non, en vrai, ils se barrent.

Ils sortent du sauna, pour aller dehors. Utile de réchauffer la pièce et de sortir… C’est peut être pour nous, par gentillesse. Va savoir.

Nous sortons aussi afin de ne pas nous évaporer totalement.

Nous sortons en serviette, prendre l’air, tous nos potes sont là, le Ragnar trop balèze, le grand fin, l’Irlandais relou, qui semble saouler tout le monde, et d’autres. Tout le monde est là, sauf le Russe.

Je vais abréger un peu. On retourne tous cuire à l’intérieur, pendant un moment. Les finlandais n’ont pas envie de nous parler. Le Russe n’a pas bougé. Il regarde toujours en face de lui. J’ai l’impression d’être dans « Double détente ».

Ne tenant plus, je me dis que je vais descendre à l’étage pour trouver de la fraîcheur, enfin de la chaleur n’atteignant pas les 120°C.

Je retrouve l’Irlandais vénère. Il nous qualifie de « Fucking Immigrants » et après  ça ressemble à du langage grossier, mais en Finlandais. Il se casse, il n’a pas envie qu’on soit près de lui.  Ok.

Je me retrouve seul en bas. Et je me dis que je vais me laver avant de sortir de cette fournaise.

Le sol tremble, l’atmosphère se tend, j’entends presque les chœurs de l’Armée Rouge. Le Russe descend dans la même salle que moi. En vrai, Je ne sais pas s’il est Russe, mais même nu, il en a la panoplie. Je me dis : « Quel éphèbe ! »  C’est faux, je me dis juste : « Merde, j’ai fait quelque chose ? »

Non, il vient se passer de l’eau fraîche. Tu m’étonnes, il a pas bougé depuis 40 minutes.

J’en étais ou ? Ah oui, j’allais me savonner, mais soudain une question me turlupine, pire, m’empêche de continuer.

Ai-je le droit de me savonner ici ? Si je commence et que je n’ai pas le droit,  je veux pas me faire démonter par le Russe qui semble pour le moment serein ou même seulement l’irriter.

Je lui demande en Anglais, si on a le droit d’utiliser un savon ici. Il ne parle pas cette langue, me regarde. Il esquisse une moue qui doit signifier qu’il ne comprend pas.

Oh merde… Va-t-il s’énerver ? Je brandis ma savonnette et lui montre, en lui reposant ma question. A l’aide de ma deuxième main, je lève le pouce et lui demande si c’est OK ?

Il y a un temps de flottement. Ce temps est relativement long, presque embarrassant quand tu es seul, debout dans un sauna, face à un Russe de film, que tu es sûr que vous ne vous comprendrez pas. Si t’ajoutes à ça notre nudité et une savonnette levée entre nous, putain je me sens seul en Finlande.

Il me regarde dans les yeux. De son côté, il doit se demander qu’est ce que ce con veut ?

Il fait un pas en avant. Je reste immobile et me dis que sa vision est peut être basée sur le mouvement comme un T-Rex…

Non, il approche sa main de la mienne, il va me montrer ce qu’est le Sambo, j’en suis sûr !

Délicatement, il prend le savon de ma main.

Il me regarde toujours, comme pour jauger ma réaction. De mon côté, je me demande ce qu’il fait et me dis « Merde, il doit croire que je veux lui prêter mon savon. » Genre, je lui demanderais : « Excuse moi, tu veux utiliser mon savon s’il te plait ? »

Apparemment non, il a compris autre chose. Toujours avec sa mine sérieuse, presque flippante, il s’avance et me contourne par la gauche et passe presque derrière moi.  Je l’observe, mi-intrigué, mi-dépité. En mon for intérieur : «Mais qu’est-ce qu’il fout ? ! ». Je me sens comme au début d’un film porno violent. « Non il ne pense quand même pas ? Il ne va pas… ?!

Mon gros Russe est plein de surprises. Il ne me violente pas, bien au contraire. Il pose sensuellement le savon sur le haut de mes épaules, et effectue un mouvement de moulinet. Du bout de ses doigts musclés, il créé une onctueuse mousse sur ma peau satinée. Quel amour !

Mais putain, en vrai, qu’est ce qu’il est en train de faire ?!

Je vais te dire ce qu’il est en train de faire ! Il est en train de te laver mon pote !

Durant un temps très court dans la réalité, mais qui parait bien plus long quand on le raconte par écrit, je le regarde dans les yeux,  avec une mine déconfite.

En me savonnant, il me sourit. Il est content de me rendre service, il l’est encore plus parce qu’il pense qu’il m’a compris.

Je ne peux pas le laisser faire ça, me dis je !

Je m’écarte, et lui dis : « Non, non ! » Pas en l’implorant hein, en lui montrant que ce n’est pas du tout ce que je lui demandais.

Il insiste, l’air de dire : Mais si ! T’inquiète. » Et garde sa main, appuyée sur le savon, appuyé sur moi.

Je ne suis pas son jouet. Merde. Je reprends le savon de ses mains.

Il est à un tiers déçu (par la situation, par son incompréhension, par sa prestation ?) un tiers énervé, un tiers étonné. Oui, il a maintenant beaucoup d’expressions.

Il lance un petit : « Yes, yes. ». Comme pour me dire, ça ne me dérange pas, pas de problème.

« Mais si, il y a un problème, je n’ai pas envie que tu me laves. ».

Qu’ai-je fait après?

Puisque j’ai récupéré ma savonnette et que je sais que c’est autorisé de se laver ici, je commence à me savonner tout en essayant de ne pas paraître arrogant. Je regarde mon Russe, sans le regarder vraiment.(Balèze.).

Il abandonne et se tourne. Je rêve ou il est presque vexé. Ça, ce n’est pas mon problème. J’en profite pour me rincer et me barrer assez vite, en espérant qu’il ne me suive pas pour se venger.

La chute ? Bah y’en a pas vraiment.

On ne s’est pas compris, pourquoi a-t-il fait ça ? Je pense que je ne le saurai pas.

Y

The Hill of Crosses (Lituanie)

Si vous avez l’occasion d’explorer les pays baltes en voiture, n’hésitez pas à faire un petit détour entre Vilnius et Riga, afin d’admirer le lieu de pélerinage de la Hill of Crosses, situé au nord de la ville de Šiauliai.

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Galerie Photo : La région des Pouilles (Apulia) – Sud de l’Italie

Le Sud de l’Italie : Les Pouilles et Basilicate

S’il y a bien une chose que l’on retiendra de notre road trip en Europe, c’est que si vous demandez à une Clio de rouler 20 000km en l’espace de 2 mois elle ne va pas apprécier et vous le fera savoir. C’est alors que nous touchions au but, puisque nous étions enfin dans le sud de l’Italie, que nous avons fait cette désagréable découverte. Nous avions certes eu jusque-là des galères mineures telles qu’une panne de batterie (merci à l’Irlandais sympa et son camping-car qui nous ont bien dépannés pour le coup !) ou un allume-cigare tellement sollicité qu’il a à moitié fondu, mais jamais de ce calibre-là, avec des voyants rouges qui finissent par s’allumer les uns après les autres histoire de bien vous foutre les miquettes…

Enfin Bref nous nous sommes donc retrouvés à devoir faire appel à un garagiste afin de changer l’alternateur de notre fidèle destrier mécanique… Cependant, nous avons malgré tout eu de la chance dans notre malheur, puisque nous nous sommes de ce fait retrouvés coincés quelques jours dans le sud de l’Italie, et plus particulièrement la région des Pouilles. Nous avons donc profité de cette opportunité pour visiter le coin, et le moins que l’on puisse dire c’est que nous avons été conquis ! Lire la Suite →

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