Le couchsurfing, le partage ou pas, et moi


Bon, on a fait pas mal de couchsurfing pendant nos voyages et notamment en Asie. Si comme nous, tu veux et vas faire ou a fait, partie de cette grande communauté de pionceurs internationales parce tu souhaites partager un moment avec des locaux, où t’as pas trop d’argent, où je sais pas pourquoi tu prends pas un hôtel sérieux ? Oh !

Si, comme je disais, tu es un couchsurfeur, lis ça, et remémore toi des souvenirs ou sache que tu vas vivre des trucs plus enrichissants que si t’étais dans Secret Story, partager des moments plus intenses qu’une fin de course dans Mario Kart, apprendre plus de choses en quelques jours que pendant toute ton année de première, en éducation civique ! Pourquoi ? Je ne sais pas, peut être parce que les couchsurfeurs t’impriment des moments directement dans le cœur.

Bref, je vais te raconter comment j’ai vécu le couchsurfing , à travers quelques expériences opposées. Parce que franchement, dans les couchsurfeurs, il y a de tout, des gentils, des gratteurs de références, des partageurs, des inutiles, souvent du bon et parfois du moins bon, mais c’est tout le temps une histoire enrichissante.

« Bon bah raconte ! »

Je vais te raconter tout ça de façon objective et presque naïve. Enfin…

Dans le développement qui va suivre, nous nous pencherons sur2 cas, 1 en Chine à Shanghai, 1au Japon, à Tokyo. Parce que plus de 2 histoires ca te saoulerait déjà que là tu vas être limite.

« Tu sais que si tu mets Tokyo en verlan ça fait Kyoto ?!

-Ouais, c’est dingue ! Mais je crois t’avoir déjà dit précédemment de ne pas me couper la parole. »

Allez, c’est parti.

A Shanghai en Chine :

Ca fait un bail (Je déteste ce mot) que mon binôme échange avec un couple vivant dans ce pays, à propos de notre venu.

Comme certains chinois, peut être parce que ça serait trop dur pour nous de les appeler par leur vrai prénom, la fille a un pseudo, genre « Crystal Power ». Un truc bien stylé quoi !

Son compagnon est un Russe expatrié depuis longtemps là-bas. Pas un Russe de film.

Les deux gagnent bien leur vie à en juger par leur situation et leur appartement.

« Qu’est-ce que ça peut te foutre gros jugeur ! »

 Ils sont extrêmement contents de nous rencontrer, à en croire les échanges de mails et autres sympathies dont ils font preuves.

Les quelques jours que l’on passe chez eux tombent pendant la période de Noël, 2 jour avant, 2 jours après le réveillon. Parfait. On va fêter ça ensemble, échanger nos cultures, se mettre du baume au cœur mutuellement, partager un beau moment quoi !

Jean-Michel Larqué me dirait : « C’est un peu présomptueux ! » Et bah, il ne croit pas si bien dire.

Ca aurait été bien de passer ne serait-ce qu’un moment, même pas beau, mais juste un moment, nom d’une pipe !

« Explique toi, on comprend rien ! »

Et bien, rien, on n’a rien partagé, rien, pas même un échange.

Ah si, j’exagère, après l’accueil aussi glacial que la cha… Euh, aussi glacial qu’un Mister Freeze, d’ailleurs, j’y pense, pourquoi un Mister Freeze à la framboise est bleu ? Non mais c’est louche ! Ces glaces seraient chimiques que ça ne m’étonnerait pas ! Je m’égare.

Après un accueil glacial, le type Russe que nous appellerons Jean-Pierre Igor, que nous verrons malgré tout plus que la fille, au pseudo stylé de dentifrice, nous a fait une feinte de partage. Je te jure ! Un soir, à brûle- pourpoint, avec une voix bien trop nasillarde pour un Russe, il sort, de je-ne-sais-où, une boite d’un jeu de société.

Et là : « Ouahhh, le jeu s’appelle Carcassone !  Comme la ville en France !»

Jamais entendu parler, mais direct, ce jeu m’a semblé pourri.

« Non, mais là par contre, tu juges ! »

Jean-Pierre Igor nous dit qu’il n’a pas le temps de nous expliquer les règles et qu’on devrait regarder sur internet, comme si c’était une erreur de ne pas connaitre les règles de son jeu. Comme si dans le monde entier tout le monde ne jouait qu’à ça !

« Mon frère, sors moi un Monopoly, un Hotel, un Attrape-souris, une Bonne paye, et là on va pouvoir se tester, hein, on a les foies, mon con!

Jean-Pierre Igor est déjà parti dans sa chambre en nous disant qu’il revient pour jouer dans quelques instants.

Le type n’est jamais ressorti de sa chambre, enfin si le lendemain, pour aller bosser. Il va refaire le coup un autre soir, alors que gentils comme on est, on a regardé les règles de son jeu (dont je me foutrais en temps normal).

Purée, je regrette d’avoir appris à jouer à ça.

Et la fille ? On ne l’a pas vu durant le séjour. Ah si, excuse-moi, elle est passée dans l’espace entre sa chambre et les chiottes le temps d’apercevoir qu’elle avait une forme humaine.

On leur a proposé de manger avec eux, pas le temps, de faire à manger, pas le temps. On leur a suggéré de sortir boire un verre, pas le temps. On a essayé d’échanger quelques phrases avec eux, pas le temps.

Bon… Ok… On ne va rien dire, ils sont déjà gentils de nous héberger. D’ailleurs parlons-en.

Le lit qu’il nous offre est une planche sur lequel est posé un drap. Cette planche peut accueillir 1 personne de corpulence moyenne et de petite taille ou 2 personnes squelettiques avec des courtes jambes, ou plusieurs Daikini de Willow. Nous on est 2 types de 1, 80 mètres environ, pour un poids de plus ou moins 80 kg chacun, ou plus en fait.

« Balèzes ?

-Disons qu’on s’entretien et que le sport occupe…

-Continue ton histoire s’il te plait. »

Oui, donc le lit n’accueillera qu’une personne. L’autre dormira sur le carrelage du salon, qui n’est pas chauffé (La salon hein, enfin le carrelage non plus), et crois moi, il ne fait pas chaud dehors, ni dedans. Une nuit, je me réveillerai même transi, avec une nausée impressionnante.

« T’es sûr que c’est le froid ? »

-Sûr. »

Si ce n’était que ça. Mais non, j’en ferais pas un pataquès sinon. Je dors dans la terre s’il le faut.

Un soir, le type sort de sa chambre, avec une tête de vénère et un sourire tout aussi joyeux que sa tête, pour nous dire de parler moins fort.

Mais ce qui m’embête profondément mon très cher ami, c’est qu’on ne parlait pas.

Il n’en a rien à foutre, il ne nous écoute pas, il est déjà reparti, persuadé que nous sommes les connards de l’histoire.

Par contre, les gens à qui le couple à louer une chambre semble avoir organisé une soirée électro-film de baston, dans leur chambre. Ils n’auront pas de remontrance.

J’en ai eu marre, rien ne me plaisait, l’ambiance était aussi glauque que dans un film français. Le soir de Noël, je suis parti, seul, en gros Thug que je suis, j’ai pris une chambre d’hôtel, un Macdo et j’ai fait Noël sur skype.

« Bouffon. »

Notre séjour chez eux se résument à une perte de temps, ils ne nous ont pas parlé, pas donné de conseils, on n’a rien échangé, ni partagé. On n’a rien appris d’eux, ni eux de nous. Mais rien bordel.

Mais nous, on le voulait, tu l’entends ça, nous on en rêvait !

Séjour chez eux ? Je mets un 3 pour l’hospitalité.

En vrai ? Inutile.

On a rien gagné et perdu du temps. Si, je sais jouer à « Carcassone ». Merci qui ?

« Merci Jac…

-Merci Jean-Pierre Igor et Crystal Power. »

Ils nous ont rappelé/ordonné, avant de nous virer diplomatiquement mais ouvertement, de bien leur laisser une référence positive sur le site « Couchsurfing ». On l’a fait.

#victimes

Si je te parle de moments inutiles comme les précédents, c’est pour accentuer le contraste qu’il y a avec l’expérience qui va suivre. Parce que franchement mon coco, j’ai vécu l’expérience que tout couchsurfeur rêve de vivre. L’expérience ultime que j’appellerai l’expérience « Hiromi ». Hiromi en Japonais ca veut dire « mère d’adoption ». C’est faux, j’ai aucune idée de ce que ça veut dire, c’est le prénom de cette fabuleuse femme avec qui on a partagé des moments aussi marquants que ta première galoche, ton premier but en reprise de volée ou la première fois que t’as écouté « Bohemian Rhapsody » de Quenn . En rends toi compte.

Tokyo, Japon.

Hiromi, nous réceptionne à une station de métro. Déjà, la gentillesse qui transpire de ses yeux inonde l’entrée de la gare. Tu sais dans la vie, il y en a certains qui ont des têtes de gentils, pas des simplets, des gentils, des faces qui semblent avoir été faite de douceur, d’honnêteté, de gentillesse, des tronches qui puent le bonheur et suintent la confiance. Hiromi a ce genre de compositions greffée à son corps, pas moi.

Dès les premières minutes, de nos échangent se ressent une vraie compatibilité à la Reus et Gotzë à Dortmund. Tu vois le topo ?

Au bout de 10 minutes, on s’est déjà fait des confidences que je n’oserai pas avouer à mes frères et sœur. J’exagère, mais le courant passe tellement bien que je me sens comme un ordi branché sur secteur.

On arrive chez elle, dans sa belle et grande maison. J’en déduis qu’elle jouie, d’une belle situation. (Con de pervers !) J’en déduis donc, qu’elle n’a rien à gagner en accueillant des couchsurfeurs, si ce n’est partager, sa vie, son temps, son cœur, ses coutumes, son expérience.

Et quand je te parle de partage, tu vas encaisser une déferlante de partage, du troc de morceaux de vie à outrance, une orgie de beaux moments. Ca y est je chiale sur mon clavier en me souvenant.

Elle nous installe dans notre chambre. Des futons, une sorte de sol en bois tressé, une déco épurée, relaxante, une température entre le bon et le doux, une odeur de fleurs de printemps, je me sens comme Ichitaka Seto, dans un manga quoi !

« T’exagères ?

Je me sens bien. Comme si j’avais mangé une perle de lait.»

Comme je te soupçonne d’être impatient, que j’imagine que le passage sur Tom Bombadil dans le Seigneur des anneaux, t’as saoulé et donc les belles descriptions aussi, je vais en venir au fait.

De but en blanc, l’adorable être humain qui nous héberge nous annonce qu’elle veut nous faire découvrir un maximum de spécialités culinaires nippones… On doit oublier les makis printemps, brochettes de bœuf fromages, parce que là bas, ce qu’on a l’habitude de manger existe autant que les cuisses de grenouilles en persillade chez nous. Ah t’en manges tout le temps, excuse.

C’est très simple, matin, midi et soir elle nous prépare toutes les spécialités qu’elle peut nous faire avaler. Elle a tiré le bon numéro, on mange comme tu n’imagines pas. A tel point, qu’elle se sent chaude pour nous préparer des encas le matin, l’après-midi, la nuit.

On partage d’énormes repas à genoux autour d’une table avec elle et son mari, homme d’affaire ultra gentil qui nous charge en Saké chaud (Oui, ils préfèrent le boire chaud) comme ton oncle quand t’était, petit en repas de famille.

« Il faisait ça ton oncle ?

-Euh… »

Même quand on part en visite en journée, cette déesse de la bonté nous prépare des bentos. On dirait ma mère. A tel point que je l’embrassais fort avant de partir et je lui parlais en Japonais.

Si ce n’était que la bouffe. Tu crois que j’écrirais un récit aussi costaud pour de la bouffe ? C’est possible.

Elle nous fait découvrir les émissions de télévision japonaise qu’elle préfère. Des trucs intéressants et des daubes.

Elle nous promène comme ses enfants. Elle ne nous tient pas par la main, ca serait chelou quand même.

On découvre, pêle-mêle, le Base-ball en haut d’un building, le musée Gundam, le meilleur restaurant de Okonomi-Yaki de Tokyo, caché au fin fond d’une ruelle de film de Yakuzas. Brad Pitt et consorts y ont fait un passage.

Je te balance tout comme ça, mais on a tellement fait de choses avec elle que j’en ai perdu la chronologie : Des centres commerciaux, des quartiers, récents, plus vieux, Disney Seaworld et un KARAOKE.

Quand je te parle d’un Karaoké, c’est pas le karaoké où tu chantes du Johnny dans un restaurant, en fin de soirée. C’est le vrai Karaoké, dans une salle privée, où les japonais donnent leur vie et sortent de là dedans, soit en sueur et adulés, soit ivres humiliés pour des décennies.

Le plus fantastique dans cette histoire, c’est qu’Hiromi souhaitait seulement avoir en retour, en plus des sourires et de l’émerveillementqu’on partage notre savoir, nos histoires, notre vie.

Elle et son mari avaient quasi les larmes aux yeux quand on leur a préparé un repas Français. Câlins etc.

Pates et steak, qu’est ce qu’il y a ?

Mais non.

J’oubliais, Hiromi nous offre tout, tout, tout. De force presque.

Quand je veux lui offrir un resto, elle se vexe puis se vénère. On s’est tapé. Je lui ai montré qui était le patron.

Mais non, j’étais tellement gêné de sa réaction que je n’ai rien fait à part m’excuser d’avoir voulu payer.

Pareil pour le Karaoké, elle a presque appelé la sécurité…

Elle refuse les cadeaux

Hiromi a partagé avec nous ses passions, un condensé de sa vie, de ses habitudes, juste par plaisir de donner ce qu’elle a, par fierté d’offrir ce qu’elle est. Elle nous a offert au centuple ce qu’on essayé de lui rendre.

Désolé Maman, je crois que j’ai une maman au Japon. Et plein de familles autour du monde.

« Pauvre con. »

Après sa rencontre et d’autres, parce que je pourrai raconter plein d’autres histoires mais t’aurais déjà arrêté de lire, je suis catégorique, le couchsurfing est souvent une vitrine où rayonnent et se rencontrent des belles personnes de ce monde, enfin, surtout celles qui veulent partager ce monde.

Y.

 

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Catégories :Les récits

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