Le Moine, le Kid, l’Ami, le GR20 et moi. Chapitre 1 Préparation


Si t’aimes la randonnée ou même si t’aimes pas, j’espère que t’as déjà entendu parler du GR20. Tu sais que ce sentier de randonnée en Corse est réputé comme étant l’un des plus durs d’Europe ? Et ouais mon pote, 180 km de beauté, de difficultés, de bonheur, ça t’en bouche un coin! Bordel.

16 étapes en 16 jours? Que nenni, on se le fixe en 8 jours.

« Téma, comment tu te la racontes!

-J’ai pas le temps pour 16 jours!

-Vous n’allez pas réussir ! »

C’est là ou je te conseille de lire la suite. Après on en reparlera, mon pote.

Par ou commencer? Par le commencement pardi.

N’Étant qu’à moitié un pinzutu (Wikipédia c’est pas mal si tu ne sais pas ce que ça veut dire), j’ai dans les veines une moitié de mon sang Corse (I have inside me blood of Kings, dixit Freddy Mercury), j’ai l’impression d’en avoir plus.

A force d’y aller, si je cumule, j’ai vécu plus de 3 ans là-bas, je pense connaitre cette région mieux qu’aucune autre. Et j’entends donc parler du GR20 depuis bien plus longtemps que j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’une marque de bagnole.

 J’entends: « Oui, c’est le sentier le plus dur d’Europe, le plus beau, il faut le faire, patali, pattes en l’air. »

Un peu comme un chrétien se doit de faire Saint Jacques de Compostelle, un mi-Corse se doit de faire le Gr20  pour purger son impur sang  et devenir ainsi un vrai.

« Ça se passe pas comme ça en vrai, tu sais? »

Bon,ok, bah, je rêve de le faire, mais faute de temps, de moyens, de…

« De cojones?… »

Je ne l’ai pas fait jusqu’à présent. C’était sans compter sur un coup de pouce du destin,  un appel  de mon ami de longue date, Capitaine Rémi.

« Tinn, tinlinlin, linlinlin, lin!»

« J’ai pas compris la phrase au-dessus. 

-Excuse moi de mal faire la sonnerie de smartphone. »

« Je vais faire le GR20, j’aimerai le faire avec toi, je pars sur 17 jours. » Me dit Rémi-figue, mi-raisin.

-J’ai pas l’argent, j’ai pas le temps, au mieux j’ai 8 jours. » Lui réponds-je d’un ton a la catalane. Pardon.

Mon soss me rappelle.

« On a le budget désormais. En 8 jours, t’es sûr, pas plus?

Je n’en démords pas. Il est ok.

J’ai 3 jours pour la préparation mentale et physique. J’irai chercher le pain à pieds.

Qu’est ce que j’emmène?

Des chaussures de trail. Il va faire chaud et beau, j’en prends des légères. Rêve!

Il faut que je les fasse, les pompes. Pas le temps. Dommage pour tes pieds!

Je prends 2 shorts, il va faire beau et chaud. Rêve encore!

Quoi d’autre? Un legging qui met en valeur mes fesses qui ont fait ma réputation de twerkeur. Mais non ! Un legging de course au cas où une douce brise me caresse les jambes à l’aube. Bien joué la-dessus. Génie.

Un débardeur, parce que j’ai envie d’avoir les épaules irritées par le frottement du sac.

Deux hauts à manches longues, légers, je trouve qu’ils me vont bien.

Trois paires de chaussettes, running, soquettes, s’il fait chaud et de foot parce que j’aime le foot.

Un livre, que je finirai sur le trajet pour la randonnée, histoire de m’alourdir, petite canaille de lecteur que je suis.

Une trousse de toilette minimaliste, parce que j’aime emmener des petits crayons aux toilettes. Bah non, simplement parce que j’aime être propre.

Une trousse de soins, parce que j’aime bien me soigner.

Un poncho matière poubelle, couleur pistache, parce que je me dis qu’on est pas a l’abri d’une petite averse. Je me dis pas qu’on va subir la colère du dieu de la pluie.

Une veste de survet’ pour les soirées en montagne. J’hésitais avec un peignoir rouge, mais la veste faisait plus jeune.

Un coupe-vent, parce qu’on est pas a l abri d’une petite bourrasque en altitude. Je me dis pas qu’on va subir la colère du dieu du vent.

Du matos vidéos, pour effectuer une petite sextape en altitude. Mais non, pour immortaliser cette aventure.

Un couteau de survie et une pince multi-fonctions Bear Grylls. Je le kiffe. Ma pince sent la rivière, je ne sais pas pourquoi. Ça, c’était pas utile de le dire.

Deux slips en lycra, en trompe l’œil, pourpre, avec poche à douille, et mon plus beau déshabillé rouge. Mais non, des sous-vêtements classiques!  

Des bâtons de randonnées, parce qu’un pote ayant fait le GR20 me la conseillé/ordonné, merci Seb. Mon oncle ayant sans doute pitié de moi, m’en a offert une paire. Merci mon Oncle. 25% d’énergie de gagné grâce à ça. En fait, les bâtons, c’est presque le truc le plus important. Je doutais de rien moi.

Et trois kg de graille, composés de barres de céréales, de fruits secs, d’amandes, de nouilles et de sardines, parce que je suis un fin gourmet.

Une gourde et 2 petites bouteilles d’eau.

Après tu prends ce que tu veux: Clopes, chewing-gum, PS4, ondamania, c’est toi qui vois, je vais pas vérifier.

Pour le plaisir, une paire d’espadrilles, pour être a la cool, après de longues heures de marche. Bouffon que je suis.

En fait, Je me disais pas, qu’on allait subir la colère d’un gang de dieux composé de ceux cités ci dessus, plus celui de la soif, celui du froid, de l’éclatement de genoux, Jean passe et des meilleurs.

En vrai, étais-je moyennement préparé ? Bien sûr gros abruti, c’est une évidence!

Me voilà direction la Corse avec un poids de 14kg, en plus de mon corps qui en fait 80. C’est trop m’a-t-on dit.

Dans le bateau, je ne dors pas, parce que je me tape toute la nuit avec des puces ou punaises de lit, purée ça commence bien. Je bouge et décide de somnoler sur la moquette en cuillère avec les acariens.

« T’as eu des bons moments pendant ce voyages sinon? »

J’ai eu des purs moments de bonheur! Mais je vais te raconter tout ça après. D’abord, je fais dans le misérabilisme pour que tu me vois en héro. Enfin…

J’arrive en Corse, je te passe les détails de l’arrivée splendide à Porto-Vecchio, levé de soleil, mer d’huile, mouettes qui chantent, orchestre philharmonique, feu d’artifice et tout le tralala. You touch my tralala.

Je dois attendre mon pote Rémi qui arrive par le nord de la Corse, en Stop, parce qu’il aime l’auto-stop.

En attendant, je m’allonge sur la plage.Fatigué de ma castagne avec les insectes de la nuit. Je m’endors au soleil comme quand t’es ivre caisse après une soirée.

Le réveil est difficile, je suis sec, bronzé et assoiffé.

Je retrouve Rémi en débardeur de gogodanceur, casquette de capitaine vissée sur la tête au dessus d’une teinture platine, aussi propre que celle des joueurs de l’équipe de Roumanie , pendant la coupe du monde de football 98, son sourire habituel, sa motivation en titane, sa b**e et sans couteau. 

« T’es préparé ? » Lui ai-je demandé.

-Autant que toi. » M’a-t-il rétorqué.

J’ai donc compris: moyennement.

J’ai donc compris qu’on utiliserait un savon pour 2, des pansements aussi etc.

J’ai donc compris que notre principal atout n’était pas la préparation. Nous serions bons dans le vif du sujet, dans l’action, dans le défi.

Tout ce petit monde, composé de Rémi et mézigue, saute dans une navette en direction du gite d étape de Conca, première étape de notre potentiel futur ex périple accompli.

Au gite, ils proposent un bon plat copieux, veau aux olives. J’en salive.

Sérieux que nous sommes, nous décidons de résister à la tentation en nous plongeant violemment dans l’enfer des repas légers: Un énorme sachet de nouilles de 100 grammes. Et? Et c’est tout.

On discute avec quelques personnes venant de terminer le sentier. Il est long, beau, dur ( Le sentier hein?) en 16 jours. En 8, ils sont unanimes, ça relève de la belle performance. C’est faisable pour quelqu’un de bien préparé. Nous ne sommes pas quelqu’un de bien préparé.

« Ça veut rien dire.

-On s’est compris. »

Rémi et moi,  nous couchons excités par le défi qui nous attend et motivés comme jamais, sur l’air de Maître Gims. T’as compris? Pas mal hein.

Une poignée d’heure plus tard, deux types confiants, en forme (de carré) se lèvent et partent pour, ils l’espèrent, une belle aventure. Voici leur histoire. Tin Tin! (Comme dans New York police judiciaire.)

La suite ici: Le Moine, le Kid, l’Ami, le GR20 et moi. Chapitre 2-Départ et des doutes

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